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Ultime concert de la saison

    Pour notre dernier concert de la saison (ce samedi 14), Gaspard Dehaene, qui nous avait déjà « enchantés » l’été dernier est revenu en compagnie de sa mère, Anne Queffélec. Les deux pianistes nous ont offert un récital, d’abord en solistes, puis à quatre mains. Programme varié, moments de musique magnifiques. Gaspard Dehaene a introduit les trois œuvres de Chopin (Barcarolle, Mazurka, et surtout la 4ème ballade) par un prélude de Bach, et un rondo de Mozart, nous rappelant ainsi ce que Chopin doit à ces compositeurs : la rigueur à Bach (voire le contrepoint, comme dans la 4ème ballade), le chant et la musicalité à Mozart. Jeu tout en souplesse, netteté, douceur souvent, délicatesse, mais devenant fougue et passion lorsque les mouvements musicaux l’exigent. 

     Anne Queffélec a ensuite interprété deux sonates de Beethoven (109 et 110), et – toujours soucieuse de transmission – elle nous a donné quelques clés pour comprendre et mieux écouter la 110, en particulier : écrite à la fin de sa vie par un Beethoven qui connaît maladie et souffrance – c’est un véritable chant de douleur personnel. (Madame Queffélec nous rappelle aussi qu’il serait fallacieux de systématiquement lier la production de l’œuvre à la biographie de l’auteur). Force, énergie éclatante, parfois mélancolique, du jeu de la pianiste :  nous avons été saisis par le caractère dramatique de la dernière sonate.

     Nous connaissons tous le thème nostalgique de la Fantaisie en fa mineur de Schubert, mais nous ne savons pas toujours que cette fantaisie est en fait une forme à quatre mains, forme qu’affectionnait particulièrement le compositeur à la fin de sa vie : ce jeu signifiait échange et dialogue amical. Est-ce pour cette raison qu’Anne Queffélec et Gaspard Dehaene ont choisi de nous l’offrir en fin de concert ? Composée à la fin de sa vie, cette fantaisie allie nostalgie, tristesse et liberté, avec quelques échappées vers un bonheur impossible. La mère et le fils ont mis tout leur cœur, la délicatesse et la vigueur de leur jeu pour nous restituer ces sentiments, et au-delà, la seule beauté de la musique.

      Le public ne s’y est pas trompé qui a manifesté une attention continue et exprimé son plaisir par de nombreux rappels et applaudissements.

Merci à vous, Anne et Gaspard pour cette magnifique soirée.


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